mardi 15 mars 2011

Samuel Gawith Bracken Flake



Je dois dire que j'étais assez impatient de le tester: les quelques éloges que j'en ai eu et sa faible distribution (inexpliquée d'ailleurs!) enveloppent le nom de "Bracken Flake" d'un aura un peu mystérieux!
Et de fait, je désespérais de le trouver autre part que sur des sites russes, où les frais de port auraient été cher (surtout pour un tabac que je ne connais pas, et que je vais donc d'abord prendre en petite quantité), quand soudain me vint l'idée de le commander à ma civette habituelle: Zigarren Baumert à Kehl. 
Je fus surpris: il n'y avait aucun problème pour commander ce tabac, et je le recevait effectivement rapidement entre mes mains, pressé d'ouvrir la boite et me demandant toujours pourquoi il était si peu courant de croiser cette boite dans les civettes proposant une bonne gamme de S. Gawith! 
La question reste ouverte...

Passons au tabac: il s'agit d'un mélange de Virginia et de Kentucky maturés et légèrement aromatisés (a 2/5 d'après la notation de Kohlhase&Kopp, distributeurs de ce tabac - en Allemagne en tout cas) au cacao, d'après TobaccoReview.

A l'ouverture, une odeur assez marquée de... cannelle! En sous bassement, le goût typique de Virginia mais un peu en retrait, tant les arômes du Kentucky se font assez vivants.
Au départ donc, je me l'imagine en typique tabac d'hiver, légèrement sucré et saupoudré de cannelle un peu comme un vin chaud.

La couleur est un très beau brun sombre, comme on pouvait s'y attendre au vu de l'inscription sur la boite: "Rich & Dark", et les flakes sont assez épais.
Je dois dire que ce tabac a, malgré ses apparences classiques (enfin pour les habitués de Gawith), une coupe légèrement inhabituelle: le tabac s'effrite en morceaux plus carrés que d'habitude, en rupture avec les longs filaments qu'on peut obtenir très simplement sur le Best Brown par exemple.

Ce qui est plus habituel, c'est la forte humidité de la boite: comme avec tous les Samuel Gawith, il est préférable de le faire bien sécher, car les flakes sont très humides à l'ouverture. Une astuce cependant: même pour une consommation régulière, ne faites pas sécher la boite en entier (c'est ce que je fais d'habitude) de manière a ce que vous puissiez effriter le flake avant qu'il ne soit sec: ça vous permettra d'obtenir une coupe satisfaisante qu'il est assez ardu d'avoir une fois le flake séché.

Le bourrage ne pose pas trop de problème, et l'allumage n'est pas plus difficile que celui d'un FVF ou autre Saint James Flake, à condition d'avoir bien maitrisé l'émiettement.

Je passe à l'allumage: dès le premier tiers, on se sent fumer un tabac très riche: arômes, au premier plan, de cannelle/cacao très légers, ajout de corps par les kentuckys suivis de près par la base: un virginia sombre très profond et doux, assez sucré aussi (il est impressionnant de voir que le sucre apparaisse à ce niveau là!).
L'ensemble fait preuve d'une harmonie excellente, tout est combiné pour former un tabac à la fois suave, viril, profond, enfin subtil et légèrement sucré (pas un aromatique édulcoré a vous donner des crise de foie!).

Le développement gagne en richesse jusqu'au troisième tiers où, ce serait un peu le "point négatif" (si je pouvais en trouver un a ce tabac) du blend, l'ensemble perd un peu en expressivité.

PS: je n'ai utilisé pour l'instant que ma James Upshall pour tester ce 
tabac, pipe réservée aux virginias jaunes maturés purs ou avec un peu de
périque (plus rarement), mais je compte bien le tester dans d'autres 
pipes. La seule question qui me préoccupe à présent à propos de ce tabac est la suivante: marque-t-il fortement les pipes (comme c'est le cas, de la même maison, du Grousemor)?


En résumé, c'est un excellent tabac qui - ça pourrait paraître bizarre vu les différences de composition - m'a un peu évoqué le Bad Nun de Synjeco (qui m'avait également absolument ravi), à cette différence prêt que le Bracken Flake serait un poil moins expressif dans l'ensemble mais plus profond (au fond, cette image de tabac hivernal que je lui avait collé d'emblée en le humant ne lui convient pas si mal).
Je retiens du Bracken Flake son harmonie réussie dans les tons sombres et son corps en bouche qui est très appréciable, et je pense le faire entrer dans ma rotation (toute imprécise, parlons plutôt de favoris) de tabacs courants, les quelques fumages pendant lesquels je l'ai pratiqué m'ayant ravi.
D'après moi, il gagnerait a être un peu plus connu, car je ne pense pas être en tort en remarquant qu'il est un peu passé à la trappe chez pas mal de débitants.

D'ailleurs, je me découvre un fumeur assez inconditionnel des tabacs de cet entourage: Samuel Gawith, Synjeco et les rares Gawith&Hoggart que j'ai pu tester (merci Benjamin!). La richesse globale et le goût particulier de leurs virginias sont exactement de ceux que je recherche lorsque je prend une pipe pour fumer, et je les remercie en pensée chaque fois que l'une d'entre elles est terminée!

(abc def 15/03/11)

Aucun commentaire: